REM de l’Est: Il faut agir tout de suite, de façon concertée et résolue. Ensemble (Allocution prononcée par Daniel Chartier le 25 août 2021 au parc du Pied-du-Courant lors d’une assemblée publique organisée par l’équipe de Manon Massé de Québec Solidaire)

Le Collectif en environnement Mercier-Est remercie Québec Solidaire de nous offrir cette opportunité de partager notre point-de-vue et nos expériences concernant le REM de l’Est.

Le Collectif est un organisme citoyen qui, depuis plus de 25 ans, travaille à améliorer le milieu urbain de Mercier-Est dans l’intérêt de ses résidents. Depuis décembre dernier, le REM de l’Est est devenu notre sujet central d’analyses et d’interventions.

La raison, ce REM est non seulement inadéquat à cause de son caractère aérien et de son tracé. Il est carrément inacceptable pour des raisons bien plus insidieuses:

  • Saccage de milieux urbains
  • Cannibalisation du réseau de transport collectif
  • Contrat abominable pour les deux siècles à venir
  • Risque élevé d’un contrôle par des intérêts privés, probablement étrangers.

Examinons-les, une à la fois.

La plus évidente horreur est la présence de dizaines de km de REM aérien traversant ou bordant des milieux densément habités. Un futur transport collectif structurant doit consolider les quartiers traversés et non les dévitaliser comme fera le REM. Face aux différents enjeux, nous diviser ferait le jeu de CDPQ Infra. Nous devons veiller, solidaires, à ce que chaque quartier soit traité équitablement.

Le REM de l’Est est un danger pour les transports collectifs du futur. Son tracé est conçu pour arracher un maximum de clients à la ligne Verte, au SRB Pie IX et à plusieurs lignes d’autobus existantes ou futures. La clause de non-concurrence que détient le REM pourrait-elle s’appliquer aux lignes de métro? D’ici 99 ou 198 ans, une multitude de circuits d’autobus ne verront le jour que si les futurs propriétaires du REM y consentent. Ce flou aberrant doit être dénoncé avec la plus grande vigueur, comme Trajectoire Québec l’a fait.

Le contrat de 98 ans, renouvelable, garantissant des revenus de 8% au propriétaire du REM est une façon de dire collectivement : “ACHETONS MAINTENANT, PAYONS PLUS TARD” Quitte à payer plusieurs fois le prix direct. N’oublions pas les immenses coûts indirects imposés à une multitude d’acteurs privés et publics.

Finalement, dernier vice et non le moindre; cinq ans après sa mise en service, CDPQ Infra pourrait vendre le REM à des intérêts privés, possiblement étrangers. Un tel geste, combiné aux clauses dénoncées précédemment, donneraient le pouvoir aux futurs acheteurs de foutre le bordel dans notre réseau de transport collectif et d’en récolter les fruits.  Cette privatisation du transport collectif est inacceptable.

La pseudo consultation tenue cet été a soigneusement été orchestrée pour que les sujets brûlants ne soient ni examinés, ni débattus. Nous ne pourrons pas plus compter sur le BAPE dont les conclusions dévastatrices sur le REM de l’Ouest ont été ignorées, bafouées, systématiquement.

La raison : les deux derniers gouvernements du Québec, Libéraux et CAQ, ont doté CDPQ Infra de superpouvoirs, créant un État dans l’État qui peut imposer sa volonté de fer aux villes, aux institutions, aux citoyens.

Pour nous défendre vigoureusement, nous ne pouvons compter ni sur les deux principaux partis politiques de Montréal, ni sur bon nombre acteurs économiques et sociaux qui sont intimidés par cette démonstration de puissance et d’argent.

Pour éviter que l’histoire se répète, nous devons nous mobiliser. Et attention ! Toute concession ou accommodement ponctuel sur une partie du tracé pourrait créer des divisions et avoir des impacts catastrophiques non seulement pour les autres quartiers traversés, mais aussi pour l’Est de Montréal et le Québec. Quand les fondations sont pourries, on ne rénove pas la cuisine.

Nous devons refuser le projet de REM de l’Est avec ses innombrables vices touchant l’urbanisme, le transport collectif, les finances publiques, la privatisation d’actifs stratégiques.

Demandons une analyse indépendante des besoins et des diverses options de transport collectif structurant. Demandons que soit tenue une véritable consultation publique permettant à la population de l’Est de choisir son futur.

Le Collectif en environnement Mercier-Est a développé une Position qui non seulement dénonce le caractère aérien du projet, mais aussi les autres aspects inquiétants, même s’ils sont moins spectaculaires. Nous espérons que cette Position sera reprise ou revisitée par les autres groupes citoyens ou partis politiques.

Surtout, le Collectif a rédigé une pétition exigeant que l’actuelle course au REM s’arrête afin de tenir un véritable processus d’analyse et de consultation impartial.   Le Collectif souhaite que cette pétition soit partagée, appropriée, par le plus grand nombre de groupes et de citoyens. ET NOUS VOUS INVITONS À LA SIGNER ET À LA FAIRE SIGNER DÈS MAINTENANT

C’est seulement ENSEMBLE, en rencontrant, en sensibilisant de plus en plus de citoyens et en faisant pression sur les Gouvernements et la Ville de Montréal, que nous arriverons à freiner le train fou de CDPQ Infra. Il faut agir tout de suite, de façon concertée et résolue. Ensemble.